arnaud-bonnefond-innovation-ouverteLe savez-vous ? Innover est une pratique, comme le sport. Pour s’y consacrer, les méthodes sont nombreuses. Les réseaux sociaux, comme les plateformes d’innovation, facilitent les échanges d’idées, leur consolidation et leur concrétisation.

Après nous avoir présenté l’innovation ouverte, Arnaud Bonnefond, du cabinet Inventive, nous donne un éclairage sur la façon dont se pratique l’innovation.

Processus d’innovation ouverte

Comment passer d’un problème à une idée puis d’une idée à une innovation ? En suivant un processus d’innovation que tout le monde, employés d’entreprise comme contributeurs externes, peut emprunter. Ce processus compte plusieurs étapes :

  1. Râler. Facile à comprendre, en France, on est bon pour ça.
  2. Formaliser un problème. Se rendre compte que quand on râle, on expose un problème. Mais il va falloir l’exprimer de manière claire, empathique et collective, de sorte que d’autres le comprennent. Par exemple dire : « Aujourd’hui, je ne me sens pas bien dans ma voiture, à cause des bouchons » peut se formuler ainsi : « Le siège manque de confort, le dossier me fait mal au dos, l’habitacle est trop petit pour ma taille… »
  3. Concrétiser une idée. On suit un processus de réflexion. On part d’un problème formalisé, délimité ou d’une vision, d’une conviction, d’une sensation. Puis on imagine une solution à ce problème, une invention qui incarnerait cette vision ou cette sensation.
  4. Réitérer une idée. Afin de consolider une idée, on la reprend et on y réfléchit de nouveau, ou alors on décide de passer à une autre idée.
  5. Rassembler toutes les idées. Ensuite, à partir de cette maturation cognitive, on rassemble toutes les idées, tous les problèmes. Des méthodes d’experts les catalyseront, les expertiseront. A partir de ce moment-là, on va imaginer de véritables innovations potentielles.

Pour mettre en œuvre cette démarche d’innovation ouverte (open innovation), il existe maintes méthodes : le design thinking, la théorie C-K ou encore TRIZ. Par la suite, des experts, des chercheurs, des entrepreneurs filtrent les idées, les enrichissent et les transforment afin de répondre aux besoins de l’entreprise.

L’avantage de ce type de processus, c’est qu’il invite les personnes à innover. Tout le monde peut être créatif, avoir de l’imagination et contribuer à une invention. Mais cette pratique demande de la rigueur et de l’entraînement, comme en sport.

La crowd-innovation

Concourir à un challenge sur une plateforme d’innovation est une occasion de se lancer. Le contributeur trouve sur cette plateforme un problème posé par un particulier, une entreprise, une institution. Pour le résoudre, il sollicite son imagination, réfléchit sur des cas concrets, propose des solutions. Il participe à une innovation. A l’issue des résultats, il enrichit cette expérience en prenant connaissance des idées et des innovations qui ont été retenues et mises en œuvre. Le voilà aguerri pour de prochains challenges.

Cette pratique de l’innovation ouverte est permise grâce à Internet. Sa maturité a permis de créer des outils de captation de la foule, le crowd. D’où la crowd-innovation, sous-ensemble de l’innovation ouverte. La foule apporte des exemples, des idées, des bonnes pratiques, des brevets, etc. C’est une façon de capter l’innovation externe.

C’est un point crucial aujourd’hui pour les experts en innovation. Leur valeur ajoutée vient de l’expertise, des connaissances, du regard extérieur qu’ils offrent à une société. Ils seront plus compétitifs s’ils apportent les compétences, la richesse, la diversité d’une foule de contributeurs. Le cabinet de conseil du futur sera capable de catalyser cette foule afin d’aider une entreprise à une étape précise de son développement.

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Processus d’innovation : faire surgir des idées et les transformer en innovation pour un marché.

Les limites des plateformes d’innovation

Ces plateformes peuvent être internes à la société, comme des réseaux sociaux d’entreprise, de pages Facebook ou d’échanges de tweets. Les employés, parfois les clients et les fournisseurs, y participent. On sélectionne les idées, puis des études, des plans d’affaires les enrichissent. Mais elles se concrétisent rarement.

Les plateformes externes proposent des concours. Cependant, ces dernières sont souvent employées comme un moyen de communication. Les grandes entreprises organisent des hackatons, des challenges d’innovations, etc., et sollicitent des inventeurs, des créateurs.

Qui sont les gagnants ? L’entreprise, dont la notoriété augmente, et qui bénéficie des idées, des créations, des innovations des participants. La plateforme, rémunérée pour l’organisation de la campagne. Mais pour les apporteurs d’idées, ce n’est pas évident. Car ils participent gratuitement et leurs idées ne sont pas toujours confidentielles ni protégées.

Dans ce modèle-là, l’échange est déséquilibré. L’entreprise, qui est un modèle fermé, profite d’un modèle libre, ouvert et gratuit. Il y a une petite hypocrisie. Si ça ne gêne pas les contributeurs, tant mieux.

Pour de justes récompenses et un juste respect de la propriété intellectuelle, il reste encore à innover. Alors, prêt à soumettre vos idées pour ce nouveau challenge  ?