Perrine Delobelle et Jean-Charles Pomerol, incubateur Agoranov

Perrine Delobelle et Jean-Charles Pomerol, incubateur Agoranov

Des start-ups célèbres y sont nées : Critéo, Aldébaran, Doctolib, l’incubateur Agoranov a fait émerger des entreprises de renommée mondiale. Mais Agoranov est un tiers-lieu particulier, c’est un incubateur public orienté Sciences et Tech. Les start-ups qu’il héberge sont liées à la recherche publique. Ses missions : transformer une idée en une innovation, passer du labo de recherche à l’entreprise. Jean-Charles Pomerol, président d’Agoranov, et Perrine Delobelle, responsable communication et animation, chargée de projet, nous parlent des particularités de ce lieu fourmillant d’idées et d’innovations. Résultat de nos échanges.

Les incubateurs d’entreprises de statut public

La recherche publique ne se cantonne pas aux séminaires des universités ou des labos du CRNS, elle sait en sortir et se transformer en start-up. Leur faciliter le passage est le rôle dévolu aux incubateurs publics. Méconnus, ces établissements sont pourtant anciens ; ils ont été créés en 1999 par la loi Allègre.

Depuis, il en existe 22, répartis dans toute la France d’Emergys en Bretagne, à la Belle-de-Mai à Marseille, ou l’incubateur régional de la Réunion. Ces structures ont été mises en place pour faire émerger des entreprises innovantes à partir de projets venus de la recherche publique : universités, centres de recherche, laboratoires.

A but non lucratif, ces structures ne prennent aucune part dans le capital de la start-up et n’interviennent pas avec l’esprit des investisseurs privés, qui cherchent un retour sur investissement. Ce statut représente un atout : neutralité vis-à-vis des projets et ouvertures aux propositions. Il y en a d’autres, P. C. Pupion, qui les a analysés, en relève plusieurs :

  • Pour la start-up :
    • ressources financières et matérielles ;
    • un écosystème ;
    • sa réputation ;
  • Pour l’investisseur :
    • le filtrage des projets ;
  • Pour le territoire :
    • le développement local ;
    • la fédération de pouvoirs économiques et politiques.
Echange et collaboration favorisent l'innovation, photo Agoranov

Echange et collaboration favorisent l’innovation, photo Agoranov.

Agoranov, un incubateur à Paris

Agoranov est un de ces incubateurs publics. Situé boulevard Raspail à Paris, il accueille des entreprises early stage avec une réelle profondeur technologique : simple projet, embryon d’entreprise ou société nouvellement créée. Incubateur ouvert, il accompagne des projets en santé, en numérique, en énergie, et d’autres.

Avec ses sponsors (ENS, ParisTech, Inria, universités Paris-Dauphine et Pierre-et-Marie-Curie), ses financeurs (Etat, Europe, région Ile-de-France et Ville de Paris), les anciennes start-ups qu’il a hébergées, l’incubateur a construit un écosystème étendu et rassemblant plus de 320 entreprises. Ce réseau, allié à son ancienneté (15 ans) et son expérience, lui donnent une forte notoriété dans l’innovation scientifique. Ce qui explique le nombre de candidatures qu’il reçoit chaque année, environ 300 pour 25 élus.

Comment y être accepté ? Etre lié à la recherche publique, évidemment. Agoranov prend aussi en compte la technologie que veut développer la start-up. Encore faut-il que cette technologie rencontre son marché. Souvent les technologies ne sont pas mûres pour le marché ou ne répondent pas encore à ses besoins. Ce point est étudié attentivement.

Enfin, l’équipe constitue une donnée fondamentale. Une équipe soudée, complémentaire, où règne une ambiance positive, avec à sa tête un porteur de projet qui a la foi de l’entrepreneuriat, a toutes les chances d’être acceptée.

Un porteur de projet bénéficie dans ce lieu d’un accompagnement qui lui évite la solitude qu’il rencontre quelquefois les premiers temps. Il a la possibilité d’apprendre sans cesse, de se nourrir de l’expérience des autres et d’appartenir à un écosystème bienveillant. Ce sont de grands avantages pour un entrepreneur qui se lance.

Perrine Delobelle

Un incubateur reconnu pour son accompagnement

Agoranov héberge certaines de ces start-ups – bureaux et laboratoires secs et humides. Elles ont à leur disposition un large panel de services : ressources matérielles, ressources humaines, avec l’accès au réseau des anciens incubés et la possibilité de s’inspirer de leurs retours d’expérience. Elles profitent également de l’écosystème financier et d’une connaissance approfondie des mécanismes du financement public. Enfin, elles bénéficient de conditions financières, elles ne remboursent que si elles réussissent.

La particularité d’Agoranov tient dans la qualité de son accompagnement dispensé durant les 24 mois d’incubation. L’incubateur aide les start-ups à monter un projet naissant. Quand elles sont à un stade plus avancé, elles profitent de conseils : marketing, propriété industrielle, conception.

Cet accompagnement est personnalisé. Chaque start-up est suivie par un chargé d’affaires ou un ingénieur d’étude. Ce dernier suit un portefeuille d’une dizaine d’entreprises. Il est autonome et maîtrise ses dossiers et son secteur. Il conseille particulièrement les start-ups à des moments cruciaux comme les levées de fonds ou les pivotages, c’est-à-dire un changement d’offres, de cibles ou de modèle d’affaires…

Vous êtes lié à la recherche publique ? N’hésitez plus, lancez votre start-up avec Agoranov.