RTB-publicité-digitale

Adnovia, société de tracking et de traffiking, est au cœur du programmatique. Bertrand Pichot, son DG, après nous avoir expliqué les évolutions majeures de la publicité numérique, trace ici quelques perspectives du secteur.

Tendances et enjeux

La vidéo et le mobile constituent les deux tendances actuelles. Le consommateur regarde beaucoup les vidéos. C’est un espace où il est extrêmement attentif par rapport à une page web classique. On essaye d’appliquer les technologies de la vidéo à la télé connectée. C’est pas encore tout à fait réalisé, mais publicité et télé commencent à fonctionner sur le même mode. Quant au mobile, il est de plus en plus utilisé pour les consultations sur Internet et les achats. Il va poursuivre sa croissance.

Un enjeu actuel, c’est la conciliation des données hors ligne et en ligne. Les entreprises utilisent depuis très longtemps les CRM pour gérer les données hors ligne, elles savent désormais gérer les données en ligne. Il s’agit maintenant de croiser ces deux sources d’information. Les vendeurs à distance, qui possèdent des bases de données clients consistantes, savent déjà très bien le faire. Et sur leurs consommateurs, ils possèdent de plus en plus d’informations.

Le deuxième enjeu, avec l’arrivée des bornes (beacons) et du GPS, c’est la diffusion d’une publicité selon la localisation du consommateur. Par exemple, envoyer sur un mobile une promotion quand un client passe devant un magasin. On peut imaginer également des panneaux publicitaires, sensibles à la reconnaissance faciale, qui afficheraient des publicités en fonction des personnes qui passent devant. Technologiquement, on est proche.

Enfin, la publicité sera de plus en plus personnalisée. On ne sait pas encore quelle forme elle prendra. Les objets connectés, comme la Google Glass et l’Apple Watch, vont dans ce sens. Ces appareils enregistrent toute l’activité du consommateur : son parcours quotidien, ses horaires, ses habitudes. Les données qu’ils détiennent sur chaque client sont nombreuses et précises.

Les Français ont une carte à jouer

Les plus actifs dans ces domaines sont les Américains, car leur marché est énorme. Les acteurs français restent bien positionnés ; d’une manière générale, ils se défendent bien. La taille du marché français constitue un handicap. Il y a 10-15 ans, nos entreprises hésitaient à partir à l’étranger. Souvent, un champion français qui émergeait, se faisait racheter.

Maintenant, elles sont de moins en moins timides, elles n’hésitent pas à se lancer à l’international. Dès qu’elles rencontrent le succès en France, et sachant que le marché est petit, elles ouvrent des bureaux aux USA, en Grande-Bretagne, à Hong Kong, au Brésil, etc. Il y a moins d’appréhension à s’installer à l’étranger.

Les Français ont un biais cartésien, nos ingénieurs et nos techniciens possèdent un bon niveau. Dans un monde de la publicité qui se dirige de plus en plus vers la technique, la France tire son épingle du jeu. De l’anti French Bashing pour finir, ça fait du bien.