Les femmes détiennent un pouvoir sur le Web, il est médiatique et économique. Ce média leur a donné des moyens d’expression libérés des contraintes. Leurs initiatives brisent les clichés. Jamie, du blog La poussée d’Archimède, participe de ce mouvement. Elle y exprime son point de vue sur le monde du travail. Résultats de nos échanges sur les femmes et le Web.

Sur Internet, les femmes ont pris l’initiative

Ce sont les femmes, davantage que les hommes, qui se rendent plus volontiers sur Facebook et sur Instagram ; et bien sûr Pinterest. Elles constituent 65 % des usagers de Snapchat, et elles tiennent une bonne place sur Twitter (45 %), et le sérieux LinkedIn. Les femmes se sont très tôt emparées du Web et sont très actives sur les réseaux sociaux.

Les blogs et les réseaux sociaux proposent aux femmes un espace d’expression nouveau qui les sort des cadres contraignants de la société. Sur la Toile, elles n’hésitent plus à prendre la parole, avec un ton souvent amusé, ironique. Chaque plateforme devient une tribune où s’expriment leurs critiques et leurs positions contestataires sur notre société.

Le Web donne aux femmes cette liberté formidable de proposer leurs propres projets, de créer leurs propres opportunités, de s’affranchir des barrières, des clichés sexistes sans conséquences dramatiques en cas d’échec et sans avoir à rester dans le moule qu’on a prévu pour elles…

Jamie

Ces femmes entrepreneures du digital

Et ça leur réussit plutôt bien. Les femmes sont devenues des actrices incontournables de l’écosystème digital. Aux USA, c’est elles qui réalisent 85 % des achats sur la Toile. La recherche d’informations, la consultation d’avis puis l’achat se font de plus en plus depuis un smartphone. Des comportements et un pouvoir d’achat qui forcent les e-commerçants à reconsidérer leur relation client sur Internet.

Et ce ne sont pas les seules entreprises à devoir s’adapter aux changements suscités par les femmes. Les médias, la publicité, le marketing ont été pris de court par la popularité des influenceuses, ambassadrices, blogueuses, instagrammeuses, youtubeuses. De nouveaux métiers que les femmes ont su imposer.

La célèbre Chiara Ferragni, maintenant à la tête d’une équipe, est devenue une femme entrepreneure. La chaîne Youtube de EnjoyPhoenix affiche plus de deux millions d’abonnés, et plus de 340 millions de vues. Désormais, les marques en tiennent compte. Elles sollicitent ces femmes influentes, nouvelles professionnelles du marketing et de la communication, et les intègrent dans leurs campagnes.

Certaines ont été des pionnières du Web et ont lancé de belles start-ups. A l’instar d’Anne-Sophie Pastel qui a créé Auféminin.com, et souvenez-vous de Caramail fondé par Orianne Garcia. D’autres dirigent des entreprises de taille mondiale et leaders dans les médias, le marketing et les nouvelles technologies. Marissa Mayer, informaticienne de formation, a été une cheville ouvrière de Google. Elle dirige désormais Yahoo. Sheryl Sandberg, brillante femme d’affaires, joue un rôle majeur dans le développement commercial de Facebook.

D’une manière générale, se lancer dans un projet d’entreprise, associatif ou personnel devient plus facile grâce à Internet. On peut maintenant monter et diriger sa boîte entre 23 h et 2 h du matin ! Une souplesse qui, tournée à leur avantage, permet aux femmes de concilier vie professionnelle, hobbies, soin des enfants.

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Dirigeantes de grandes entreprises comme Facebook et Yahoo, fondatrices de start-up, blogueuses, dès l’apparition du Web, les femmes ont joué un rôle de premier plan.

 

Des clichés et un sexisme persistants

Cette liberté d’action et d’expression renouvelle l’image de la femme. Plus actives, plus entreprenantes, plus indépendantes, elles brisent les codes traditionnels véhiculés par les médias, particulièrement la publicité.

Cependant, les multiples blogs de maquillage, de luxe, de déco, de mode…, ne véhiculent-ils pas les attributs classiques prêtés aux femmes, ne reproduisent-ils pas des clichés souvent dénoncés ? Et si l’on entre dans les sphères des geeks et des passionnées des nouvelles technologies, les gameuses se heurtent au sexisme et au machisme. Que de fois  reçoivent-elles de leurs comparses masculins des messages grossiers, orduriers et insultants !

Oh my brave new world ! De ces fléaux, tu ne nous épargnes pas.