Qui dit numérique dit changement

Avec les transformations numériques, l’adaptation de la DSI est devenue une constante et la modification du SI une permanence.

Pour la DSI, une première conséquence de tous ces changements, c’est l’augmentation de sa charge de travail. Le Shadow IT, qui ne cesse de croître, l’oblige à plus de contrôle qualité et une gestion plus rigoureuse. Elle passe davantage de temps et consacre davantage de budget à recruter des collaborateurs talentueux. Or la concurrence est rude pour trouver des profils comme data analyste ou développeur.

La deuxième conséquence touche aux changements d’organisation du SI. La DSI a dû revoir ses processus et son architecture afin de s’adapter aux nouveaux comportements. Ainsi en est-il de l’usage grandissant des réseaux sociaux et des terminaux mobiles par les employés et les consommateurs, au bureau comme à la maison (BYOD). Il a conduit la DSI à revoir les procédures de sécurité des paiements et des données.

 

Ce sont les technologies qui provoquent ces évolutions. Mais des nouvelles technologies, il en apparaît chaque jour. Après les réseaux sociaux, le big data et le cloud, voilà qu’arrivent le machine learning, l’Internet des objets, la blockchain. Alors, un nouvel enjeu apparaît : entretenir un patrimoine ancien et simultanément intégrer ces technologies dernier cri.

Mais qu’une technologie disruptive devienne un standard et c’est toute une partie de l’entreprise qui doit être revue. Quelle organisation serait capable d’autant d’agilité ? Et parfois, ces changements sont rapides. Un rythme aussi soutenu est viable pour des petites unités. Il est plus difficile à suivre dès que le nombre d’employés s’élève à quelques centaines ou milliers.

 

Un changement sans fin ?

 Ces transformations n’épargnent ni les salariés ni les dirigeants. Apprendre une nouvelle procédure, un nouvel outil, une nouvelle méthode prend du temps. Les formations n’arrivent pas toujours à combler le manque de connaissance. La motivation fait parfois défaut. Certains employés réussissent à s’adapter, d’autres non. La barrière est aussi bien générationnelle que technologique, les freins sont nombreux : on craint que le logiciel que l’on maîtrise devienne inutile ou que le périmètre de ses missions se rétrécisse, et pour certains, les technologies à la fin lassent.

Ces transformations numériques semblent n’avoir aucune limite : « There’s No Finish Line for Digital Transformations», titrait il y a quelques mois le site CIO. com. Les entreprises sont-elles entrées dans un cycle de perpétuelle adaptation ? Seront-elles tenues à l’instar de Sisyphe à un éternel recommencement ?

Mais Camus nous a appris à imaginer Sisyphe heureux. Des DSI et des entreprises heureuses du changement permanent ? A voir.

Nekyia_Staatliche_Antikensammlungen_1494_n2

Perséphone surveillant Sisyphe dans les Enfers. Image Wikipédia